Meshuggah - ObZen (Nuclear Blast 2008)
Tracklisting (52,39)
01. Combustion
02. Electric Red
03. Bleed
04. Lethargica
05. ObZen
06.This Spiteful Snake
07. Pineal Gland Optics
08. Pravus
09. Dancers To A Discordant System
Après l’excellent Catch 33 qui marquait comme un aboutissement au niveau de l’expérimentation, les suédois de Meshuggah sont de retour avec un nouvel opus qui revient vers un format plus « classique » dans la forme, à savoir neuf morceaux bien distincts les uns des autres, mais dont le fond perpétue une évolution entamée il y a plus de dix ans déjà.
Une remarque liminaire s’impose concernant l’artwork plutôt étonnant, diffèrent de ce à quoi Meshuggah nous avait habitué jusqu’alors ; d’une inquiétante froideur mais paradoxalement plus humain, arborant un personnage zen mais dont les mains étrangement tachées de sang ne font que trop ressortir l’obscénité de cette attitude, à l’image du titre -ObZen- dont la duplicité saute aux yeux.
Une pochette étonnante donc, tout comme les premières minutes de « Combustion », morceaux d’ouverture qui prend l’auditeur à revers en lui faisant faussement croire que Meshuggah est revenu à des sonorités plus anciennes, plus thrash. Il n’en est rien, la suite démontrera qu’ObZen, comme chaque album de Meshuggah jusqu’à maintenant, apporte son lot d’innovations et renouvelle la musique des suédois. Celle-ci restera toutefois toujours aussi difficile d’accès pour qui n’y est pas habitué ; écouter un disque de Meshuggah est une expérience qui demande de la patience à qui veut en saisir toute la puissance.
Moi qui me demandais comment le groupe pourrait encore évoluer et nous surprendre après un Catch 33 énorme, ObZen m’apparaît maintenant comme la réponse logique à cette question. Le fan de la première heure ne sera pas perdu et retrouvera dans ce nouvel album tous les ingrédients propres à la musique de Meshuggah ; les sonorités étranges et les rythmiques pachydermique d’un Nothing, la hargne thrashy d’un Destroy Erase Improve, l’efficacité clinique, brute et incisive d’un Chaosphere, et les passages atmosphériques dissonants et torturés d’un Catch 33.
C’est en partie en cela que réside la nouveauté d’ObZen ; il opère en quelque sorte une synthèse en acte de tout ce que le groupe a fait depuis Destroy Erase Improve, sans pour autant tomber dans la redite, mais au contraire en conciliant les éléments majeurs qui ont forgé le style si particulier de Meshuggah jusqu’à Catch 33, pour donner naissance à un album technique, puissant et imposant mais surtout un album taillé pour le live.
Ajoutons à cela cette voix de fou furieux, cette section rythmique qui fait l’effet d’un rouleau compresseur et ces grattes à huit cordes dont la lourdeur est sans pareil et vous avez le Meshuggah cuvée 2008. C’est certainement à ça que l’on reconnaît les grands groupes ; savoir évoluer, savoir se renouveler et surprendre l’auditeur tout en restant fidèle à soi même et en perpétuant sa démarche.
Ceux qui étaient jusque là hermétiques au style de Meshuggah le resteront certainement avec ObZen, pour les autres, cet album sera un pur plaisir, comme chaque nouvelle sortie du groupe. Les suédois nous servent une fois de plus un album impressionnant qui viendra prendre sa place dans une discographie sans faille. Meshuggah reste le maître incontesté et incontestable d’un style dont lui seul possède l’essence et la maîtrise.
Sheol [09/10]
www.meshuggah.net
www.myspace.com/meshuggah