Destinity - The Inside (Rupture Music – Templar Prod / 2008)
Tracklist (47:28)
01. My Senseless Theory
02. Murder Within
03. Thing I Will Never Feel
04. Still Remember
05. A Thousand Falling Skies
06. Inhuman Corrosive Report
07. Ready To Leave
08. Enemy Process
09. Escaping Reality
10. The Inside
Destinity serait-il enfin en phase avec la reconnaissance, pas impossible puisque même si en France Rupture Music s’occupe du groupe, pour le reste rien de moins que Lifeforce Records.
Ce n’est que légitime. Synthetic Existence avait déjà mis les lyonnais sur la voie et le public avait subi l’affront de poser un genou à terre, la défaillance proche sans pour autant se faire terrasser. L’attente de son successeur devenait de ce fait une réelle envie mêlée de l’appréhension de retrouver le groupe en position de faiblesse après avoir pourtant mis son adversaire au tapis. Comment pouvait-on envisager une seule seconde un nouveau round défavorable pour Destinity, inconcevable.
Le DVD 666 Thrashened Extreme Music (1996-2006) sorti l’an dernier avait calmé les ardeurs des plus fervents mais The Inside était attendu comme l’uppercut libérateur signe d’une victoire par KO sans anicroche.
La sueur perle, à l’énoncé des données nous parvenant comme le titre de l’album, ceux des morceaux et cette cover, cœur recrachant un sang noir malsain avec cette sensation bienfaisante d’expulser le mal. La mutation entamée avec Synthetic Existence prend corps et la Bête pourrait bien être intraitable et laissé peu de chances à ses adversaires déclarés si tant est qu’il en existe.
Le lecteur avale la galette, bienvenue dans les entrailles de The Inside. Surprenante sensation, surprenante première écoute, non pas que la musique ne soit pas à la hauteur, l’empreinte de l’album précédente est tellement forte que l’immersion au travers de My Senseless Theory, Murder Within et consorts ne laisse que peu de traces.
Effet bien connu des premières écoutes où le son survole l’air et l’attention a du mal à se poser concrètement et à mettre de côtés les morceaux maintes fois écoutés pendant deux ans. L’offrande 2008 de la Bête doit se laisser apprivoiser mais il est plus aisé de le dire que de le faire.
Les éléments de Synthetic Existence reprennent vie dans une dimension supérieure. Les arrangements possèdent une efficacité indéniable et protéger contre tout atteinte à leur intégrité. Le final symphonico cinématographique de A Thousand Falling Skies réitéré au sein de Inhuman Corrosive Report, les guitares acoustiques en intro de Escaping Reality avant un déferlement tsunamiques d’agressivité maîtrisée. Ce sont d’abord ses petites choses rapportées qui font de The Inside, un album énorme dans sa recherche des pièces qui marquent l’auditoire.
Dans cette débauche d’arrangement rendant la musique de Destinity recevable pour un public peut être plus large que pour d’autres.
Ce serait pourtant une erreur de résumer The Inside à cela. La base thrash death est renforcée et malgré une dimension presque plus accessible dans ses arrangements mélodiques, la violence semble exacerbée. Mick pourtant peu enclin à laisser le terrain libre sur l’album précédent domine de la tête et des épaules cet auguste opus sans défaillir, une performance hallucinante encore plus dense. Les compositions sont d’un niveau irréprochable. L’inspiration est décuplée. Les riffs tranchant font leur effet, les cassures de rythme s’imposent, les arpèges pervers vous ensorcèlent. Tout en étant plus technique, The Inside est plus prenant. Que dire du travail de Jacob Hansen si ce n’est que l’adéquation entre la musique du groupe et le producteur ne souffre d’aucun point faible.
La mutation engagée a abouti à la naissance du seigneur des abominations, Destinity règne désormais en maître sur le monde du thrash death. L’avènement et la reconnaissance de cette entité jubilatoire et violente ne sauraient tarder. The Inside est son arme et peu pourront résister à son assaut dévastateur. Plus qu’un uppercut, cet album est une véritable leçon de punch et d’efficacité. Les deux genoux sont à terre le coup de grâce vous est infligé lors de la dernière seconde du titre éponyme. Vous avez voulu affronter la Bête, bien mal vous en a pris. Synthetic Existence est désormais réduit au rend de faire valoir.
Mon âme au repos me dicte de garder une place dans la notation pour la suite mais comment ne pas rester dithyrambique après cela, le 10 s’impose et je ferais avec ma conscience pour un épisode futur.
Site: http://www.destinity.net
MySpace Officiel: http://www.myspace.com/destinity
[10/10] Clayman