Taux de remplissage: Correctement rempli.
Son: Excellent
Lights: Epileptiques sur DEP, bons pour PTW, colorés pour Stolen Babies.
Ambiance: Agitée, mais bon enfant.
Moment fort: TOUT le concert de DEP !!!!
En rentrant dans l’Elysée Montmartre ce beau soir du 27 Mars 2008, je ne pensais pas que j’allais passer une soirée aussi atypique. Pensez donc, trois groupes aussi différents les uns des autres et surtout à la tête de cette affiche, les cinglés de The Dillinger Escape Plan.
Et quand je vous affirme que la diversité était de mise ce soir là, elle l’était.
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Tout d’abord, pour ouvrir le bal, les Stolen Babies se sont extrêmement bien mis en valeur. Auteurs d’un récent album que l’on conseillera aux nostalgiques de Mr Bungle («There be squabble ahead »), le groupe ne démérite pas sur scène. Imaginez une chanteuse accordéoniste (oui, oui, vous avez bien lu) au timbre délicieux qui joue sympathiquement avec le public sur fond de patchwork musical assez indescriptible. En gros, ça chante bien, ça hurle parfois, mais c’est toujours bon. Hormis l’influence du groupe de Mike Patton, on retrouvera aussi des éléments piochés chez les Dresden Dolls (pour la voix), mais aussi chez les Sleepy Time Gorilla (pour le look). Mais ces éléments ont bien étés digérés et n’entachent pas la forte personnalité du groupe.
La révélation de la soirée et une bonne mise en bouche pour ce qui allait suivre.
Ensuite, on passe de l’univers Burtonnien des Stolen Babies au metalcore énervé de Poison The Well. Et là, il n’y a pas grand chose à dire dans la mesure ou l’on pourrait résumer tout cela par un seul adjectif : « efficace ».
Le quintet est en forme, Jeffrey Moreira est en voix et à l’air d’être content d’être là et enfin Ryan le guitariste/leader/compositeur a de l’énergie a revendre et saute partout comme un dingue. C’est certes bien foutu, mais malgré le fait qu’ils fassent partis des précurseurs de la vague du nouveau hardcore américain, on peut trouver que tout cela fait beaucoup de bruit pour pas grand chose. Bonne prestation tout de même.
Et pour finir, le groupe le plus attendu de la soirée, je veux parler des Dillinger Escape Plan.
Pour reprendre une réflexion que j’ai pu faire à un ami lors du concert, je dirais que ce groupe relève de l’inédit. Aucun autre groupe ne propose ce genre de show. Un spectacle à la fois extrême, subtil (c’est difficile à croire, mais oui, on peut y trouver une certaine forme de subtilité), complètement maîtrisé et surtout complètement dingue. Et au niveau de la folie, les membres de Dillinger n’en sont pas avars. C’est bien simple dès l’intro, on assiste impuissant (c’est le cas de le dire) à une déconstruction en règle de tout les codes d’un concert normal.

Tout d’abord musicalement, le groupe joue avec une précision diabolique. Il n’y a pas une seule petite note qui ne rate son objectif.
Tout est mis en œuvre pour concasser le cerveau de l’auditeur. « Panasonic youth » en intro, ça fait mal, très mal même. Pas mal de titres sont tirés de « Miss Machine » dont le fameux « Baby’s first coffin » qui fini d ’achever le public. Et les titres tirés de « Irae Work » tiennent plus que bien la route. L’excellent « Black Bubblegum » ne perd en rien son coté mélodique et « Milk Lizard » (sûrement mon morceau préféré de l’album) tiens plus que bien la route dans ces conditions extrêmes. Vous citer d’autres titres joués me sera totalement impossible tant le set m’aura mis en transe. Je crois me souvenir de « When good dogs do bad things » et d’un final sur « Sunshine the werewolf ». Mais autant vous dire que la salle était sur les genoux à la fin de ce trop court concert.
Ensuite, et pour finir, impossible de ne pas parler de l’attitude des musiciens sur scènes. Du spectaculaire, vous en recherchez, du spectaculaire vous aurez. Entre Greg Puciato qui part faire chanter le public, monte sur les barres de lumières et ses compères qui se comportent comme des balles bondissantes, on ne sait plus ou poser son regard. Extrême jusqu’au dernier morceau où les guitaristes décident de sauter sur les pilônes de l’Elysée Montmartre pour essayer une improbable ascension.
Un grand concert (peut être celui de l’année), un grand moment de musique et une putain de redéfinition musicale du mot « Rock’n’roll » ! Merci les gars, revenez quand vous voulez…
Nico (666).