Depuis quelques années, la première journée du Wacken Open Air est consacrée aux formations illustres qui ont marqué de leur empreinte cette musique que nous chérissons tant. Bien que partie intégrante du festival, cette ode à la nostalgie est baptisée « A Night to Remember ». Après que ce soient succédés au cours des différentes éditions les Saxon et autres Accept, il étaient fort logique, même si inespéré, que les vétérans de Scorpions viennent enfin arpenter les planches des ce festival, qui n’avait jamais vu leur participation. Depuis des années, quand on parle de Scorpions, on pense surtout aux glorieuses 80’s, car depuis les années quatre-vingt dix, le groupe a régulièrement enchaîné les tournées (certes espacées) pénibles car basées sur des setlists molles (j’en ai personnellement fait les frais à Lyon en 1996), rarement entrecoupés de concerts jouissif ou les Allemands allaient puiser, avec un talent intact, dans la partie de leur discographie la plus réussie. Cette fois-ci les festivaliers auront droit aux vrais Scorpions, ceux qui ont gagné leurs lettres de noblesses sur scène, bien avant les succès radio. Ceux-là aussi qui prennent plaisir sur scène et ont toujours une pèche d’enfer malgré l’âge qui avance. A ce titre autour des incontournables Klaus Meine (chant), Matthias Jabs (guitare) et Rudolph Schenker (guitare), les deux membres plus récents que sont le batteur et le bassiste sont d’une justesse remarquable, collant parfaitement au groupe. Vous voulez des hits, regardez la liste, je pourrai presque énumérer tous les titres, car quasiment rien ne vient entacher ce concert. Pendant le concert les anciens membre du groupe, invités, se succèdent, avec le batteur revenant Herman Rarebell, Michael Schenker, et un Uli John Roth qui illumine de sa classe le concert. Ces deux derniers participent à un bœuf sur « In Trance ». Les images sont de toutes beauté avec des éclairages aux couleurs très vives, parfait pendant de la bande son qui vient fidèlement restituer la puissance retrouvée. L’ensemble permet également de prendre la pleine mesure du nombre de personnes massées devant la scène alors qu’il s’agit uniquement de la première journée du festival. Seul bémol quatre titres (« Dark Lady », « He's A Woman, She's A Man », « In Search Of The Peace Of Mind » et « Dynamite ») manquent à l’appel, et ce sans que nous en connaissions les raisons. A l’image du Scorpion mécanique qui fait son apparition sur l’ultime rappel, en introduction de « Rock You Like A Hurricane », ce DVD vient immortaliser la renaissance de cette cultissime formation qui délivra une performance convaincante, et surtout en adéquation avec son statut nullement usurpé. |